• Barrero Robert

CASA MARCELO, SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE



À deux pas de la place de la cathédrale de St-Jacques de Compostelle, en Galice, dans une rue en pente bordée de petits bars et mésones où se restaurent les pèlerins, derrière une façade très quelconque, se cache une table remarquable. CASA MARCELO est le nom du lieu et Marcelo Tejedor est son jeune chef.


Cuisine ouverte sur la salle, grande table d’hôtes, comptoir direct sur la cuisine, on se presse dans ce lieu convivial et si on est pas prévoyant on fait la queue jusque dans la rue pour pouvoir goûter cette belle et inventive cuisine.



D’emblée on comprend la philosophie du lieu : ici la carte ne sert à rien.

Le chef vous accueille chaleureusement puis vous dit « bon vous le dites si vous avez des allergies, quel est votre budget et vous mangez ce que je vous apporte ».


Bien, comme ça c’est clair, on est pas embêté avec les choix cornéliens.


On s’assied à la barre, devant la brigade en plein travail, ou à une grande table centrale haute et unique de 16.

Le personnel est pro, aux petits soins et efficace.

Ici on boit de l’Albariño bien évidemment, et on est pas déçus.


Les plats arrivent rapidement et se succèdent, en portions à partager, tous dans une fusion entre cuisine Galicienne, japonaise et péruvienne. Le second de cuisine est péruvien, et c’est lui qui découpe, remarquablement, le poisson.


Premier plat. On commence en douceur avec une petite brochette de thon cru, guinduilla (petit piment vert en condiment au vinaigre), olives vertes et quelques tranches fines de cebette. La petite brochette est arrosée d’une sauce Bloody Mary, c’est à dire tomate-soja-Mirin. C’est moelleux, péchu et ultra frais. Belle mise en bouche.



On enchaine avec une bouchée de crevette, ravioli pâte de riz vapeur farci d’une belle queue de crevette cuite à la perfection, avec quelques tranches fines d’ail frit. Le chef recommande de le manger en une bouchée et gronde même gentiment ceux qu’il chope en flagrant délit de découpe du ravioli. Privé de dessert dit-il.



À suivre quelques tranches de Chinchard cru (Jurel ici) d’une remarquable fraîcheur, découpées avec un grand d’avoir faire, posées sur un riz à sushis et surmonté d’algues croustillantes et très parfumées. Un délice ! J’ai bien failli demander une deuxième portion. Le chinchard cru est bien plus intéressant et savoureux que le maquereau.



On enchaine avec ce que le chef appelle « las alcachofas del amor », les artichauts d’amour. Un cœur d’artichaut, entouré de feuilles de grelos (légume Galicien entre le brocoli monté et l’épinard) avec un morceau de foie gras au milieu et pané puis frit, servi avec une réduction de fond de veau. Surprenant. Croustifondant, savoureux et extrêmement long en bouche. L’albariño s’accorde parfaitement avec ce met.



Le plat suivant est un filet de rouget à la planxa, sur un pak choï braisé, aillets frits et sauce ponzu. Cuisson parfaite du rouget et de la blette chinoise, encore une réussite.



Puis le chef nous découpe quelques sashimis d’une incroyable ventrèche de thon qu’il assaisonne comme un tartare piquant, après nous avoir demandé si nous la voulions soft, moyenne ou forte. Le plat est dingue ! Le thon est soyeux, gras sans être écœurant, fondant et savoureux. La sauce (secret maison) est idéale avec cette préparation et le riz cuit tip top.



Nous terminons (avant un petit dessert) avec un tartare de veau servi sur une tuile de pain grillé accompagné de jeunes pousses de roquette. Parfait !



On nous demande si on préfère un dessert fraîcheur ou un dessert douceur, et après avoir choisi la première option on nous sert une crème de fruits rouges, glace fraise, sorbet cassis, framboises, mûres, cassis. Les frais sont ultra frais, murs, délicats, et le tout très léger. Une fin de repas tout en douceur.



En résumé, cette table, d’un prix raisonnable ( l’ensemble des plats plus un apéritif, deux verres de vin et un café pour moins de 60 euros) mérite le détour, pour sa fraîcheur, la qualité de ses produits, la gentillesse et le professionnalisme de toute l’équipe. Elle mérite même à elle seule, le pèlerinage à SANTIAGO DE COMPOSTELA.



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